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Acalanto
signifie « chardoneret », un petit oiseau coloré qui chante les couleurs fortes de ses plumes.
Depuis sa fondation, l'Ensemble Acalanto, héritiers actifs de la Nueva Cancion Chilena, décident d'intervenir dans la réalité fondamentalement injuste qui les entoure.
Ils naissent avec la fin « de la dictature militaire » dans leur pays d'origine, le Chili. Ils veulent créer une chanson poétique anti-impérialiste, anti-capitaliste, engagée mais sans bandeaux sur les yeux.
Une chanson couvée dans les pulsions de la terre de l'Amérique, c'est à dire, avec les instruments les plus authentiques de l'identité Américaine et résister activement à la musique commerciale sans se laissant séduire par le chant du cygne de la machine mondialiste.
Créer l'espace mental et culturel à la Ré-évolution, à l'épanouissement des forces progressistes de l'humanité, à la justice sociale, à une paix entre les hommes.
Une paix basée sur la dignité et la communication sincère.

À la lutte infatigable pour faire grandir la qualité humaine de chaque femme et chaque homme, en lui restituant sa dignité, en lui donnant les moyens de la dignité.

Jorge Fajardo



"Leur musique me donne le goût de continuer à me battre"

Il y a quelques années j’ai voulu faire un film sur le muraliste David Alfaro Siqueiros. Les bureaucrates fédéraux refusèrent le projet, sous prétexte que Siqueiros n’était pas québecois, et ils préféraient les sujets à feuille d’érable sans doute pour mieux nous enfermer dans notre « réserve ».
Pourtant j’ai toujours pensé que Siqueiros était Québécois. D’ailleurs tout ce qui est beau, grand, fort, merveilleux sur cette terre est québécois. Theodorakis est québécois. Camus est québécois. Orwell, Bach, La Boétie, Rembrandt ou Pasolini sont québécois. Neruda est québécois, comme Miron, Perrault ou Vadeboncoeur.

Alors quand Rafael Azocar et Carmen Pavez m’ont demandé de lire Pablo Neruda en français, avec le groupe Acalanto, ça m’a touché très profondément. J’ai accepté sans hésiter une seconde, en espérant ne pas trop les décevoir.
On ne se voit pas très souvent, mais avec les musiciens d’Acalanto, je me sens comme avec des amis. Quand on travaille, je me sens bien. Tout simplement. Mon accent espagnol de l’Est de la ville les fait rigoler. Moi, c’est leur accent latino de Rosemont qui me fait sourire.
Ils étaient québécois sans le savoir. Or, en fuyant la dictature chilienne, en s’établissant ici, ils sont devenus définitivement québécois. Ils font maintenant partie de la famille. Comme moi de la leur. Et j’ai l’impression chaque fois de retrouver des frères et des soeurs.
Je ne suis pas critique, ni musicographe. Je ne connais rien à la musique. Mais j’aime Acalanto. En dehors des modes musicales imposées par les marchands de soupe américaine, je retrouve Pablo Neruda, Victor Jara, Violeta Parra. Tous des québécois. Comme Acalanto. Leur musique me fait du bien, me met de bonne humeur et m’empêche de désespérer. Leur musique me donne le goût de continuer à me battre.

Pierre Falardeau




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